L'agence de notation
financière Standard & Poor's a décidé de dégrader la France. « Le
spread français correspondait déjà à un niveau de notation inférieur.
Les marchés aussi ont déjà anticipé », minimise le président de la
commission des finances du Sénat, l’UMP Philippe Marini.
La perte du triple n’est pas une surprise. Quelle est votre réaction ?
C’est un événement qui a mon avis a été banalisé par avance par tous
les débats et commentaires qui ont eu lien. Les conséquences en termes
de financement sont probablement déjà intégrées par les marchés. Ceci
ne mérite pas de susciter un grand émoi. Et cela montre bien la
nécessité de prendre des mesures structurelles, de ne pas perdre de
temps et de s’attaquer, avec le levier fiscal, à la question de la
compétitivité de nos entreprises.
Le taux d’emprunt de la France va-t-il encore bouger ?
D’après ce que me disent les spécialistes, le spread français
(différence entre le taux français et allemand, ndlr) correspondait
déjà à un niveau de notation inférieur. Les marchés aussi ont déjà
anticipé.
Valérie Pécresse affirme que « la France est une valeur sûre ». Cette dégradation vous parait-elle justifiée ?
Que la France soit une valeur beaucoup plus sûre que nombre d’Etats,
c’est une certitude. Après, je ne suis pas analyste financier, je n’ai
aucune responsabilité chez S&P, je ne suis pas le mieux placé pour
répondre.
On prête ces mots à Nicolas Sarkozy : « Si on perd notre
triple A, je suis mort ». C’est une difficulté de plus pour la
présidentielle ?
On ne prête qu’aux riches mais ce propos
ne me semble pas avoir été officiellement tenu. Il n’a probablement
jamais été tenu. C’est un jeu assez naturel que de faire des
commentaires. Nul ne pensait que le chemin vers la réélection, qui à
mon avis a encore de réelles chances, serait un chemin pavé de
facilités et une promenade de santé.